Navires bloqués au détroit d’Ormuz : la marchandise à bord n’est plus couverte par les risques de guerre

Navires bloqués au détroit d’Ormuz : la marchandise à bord n’est plus couverte par les risques de guerre

Jean Verheyen, souscripteur mandaté membre du groupe AXA, compte parmi les leaders de l’assurance maritime.
Le golfe Persique et les eaux adjacentes, y compris le golfe d’Oman sont passés aujourd’hui de « Very High » à « Severe » sur l’échelle des risques maritimes de la Global Cargo Watchlist (GCWL).

L’assurance cargo couvre les marchandises ‘flottantes’ (à bord d’un navire) transportées, au voyage ou à l’année, contre tous les risques comme vol, accident, contamination, incendie, manipulation, collision, échouage ou encore abordage. Et contre les risques de grèves, d’émeutes et de terrorisme, et les risques de guerre, moyennant des extensions de couvertures spécifiques.

La couverture de guerre prévue dans une police d’assurance cargo ne s’applique qu’en cas de déclenchement inattendu d’une guerre, d’une guerre civile ou de troubles importants. Une fois la guerre avérée (ce n’est plus un risque mais un fait), la couverture est automatiquement annulée, moyennent un délai de généralement 7 jours, afin de permettre au courtier d’informer son client et de couvrir à nouveau ce risque s’il le souhaite, aux nouvelles conditions proposées par l’assureur ou auprès d’un assureur spécialisé en risque de guerre. Les expéditions dont le voyage a commencé avant l’expiration du délai de préavis restent quant à elles assurées aux conditions initiales. Les marchandises qui sont chargées avant que la résiliation ne prenne effet, restent couvertes pour toute la période où elles restent à bord du navire.

Comme la plupart des assureurs, Jean Verheyen se réfère à la Global Cargo Watchlist. « Si un pays ou une zone atteint la note Very High, le courtier d’assurance est tenu de déclarer les expéditions de son client qui passeront par la zone à risque – elles resteront couvertes moyennant le paiement d’une surprime. En revanche, dès qu’un pays est mentionné dans les deux catégories les plus risquées, la couverture
des risques de grèves, d’émeutes et de guerre est automatiquement résiliée sous un délai de 7 jours », explique Laurent Verheyen, CEO de Jean Verheyen.

La Global Cargo Watchlist (GCWL) vient d’être adaptée ce 5 mars 2026 : Oman (le golfe Persique ou Arabique et les eaux adjacentes, y compris le golfe d’Oman), l’Arabie Saoudite, le Quatar, le Koweit, Émirats arabes unis et Israël sont désormais classés dans la catégorie « Severe » dans le cadre du transport maritime. Soit 11 zones, contre 5 précédemment qui sont toujours Haïti, l’Iran, le territoire palestinien, l’Ukraine et le Yemen.

Des navires de mer de plus en plus gros
Le volume moyen à assurer par navire est de plus en plus important et les conséquences en cas de sinistre aussi. Quand on sait que les navires porte-conteneurs internationaux peuvent transporter entre 10.000 et 24.000 containers, on comprend que le moindre incident peut entrainer des retards de livraison et de production pour des milliers d’entreprises et qu’un sinistre aura des répercussions dramatiques. Les assureurs se partagent les risques car les montants en jeu sont gigantesques. Il y a ceux qui assurent le bateau et ceux qui assurent sa cargaison.

Où se trouvent les marchandises assurées ? Difficile à dire
Les contrats-cadres « open cover » des assureurs sont très pratiques en temps normal : ces conventions annuelles entre un assureur et un assuré (importateur, exportateur, transitaire) garantissant automatiquement toutes les expéditions de marchandises conformes à certains critères, sans nécessiter de police d’assurance individuelle pour chaque trajet. En revanche, l’assureur n’a pas de vue en temps réel
des risques encourus par zone : impossible de savoir par exemple si des marchandises assurées se trouvent aux alentours du détroit d’Ormuz.
La carte dynamique de https://www.vesselfinder.com/ permet d’appréhender l’activité maritime dans la région.

La Belgique se classe au 13 e rang mondial des pays exportateurs et au 15 e rang des pays importateurs, le montant des échanges commerciaux a atteignant 970 Md€ en 2024, selon l’agence du commerce extérieur 2 . Et une bonne partie de ce commerce est maritime. Un peu plus de 270 millions de tonnes de marchandises transitent chaque année par les ports belges, selon les derniers chiffres de l’office statistique
Statbel 3 .