Zoutman, le sel marin à l’honneur
Jean Verheyen, souscripteur-mandaté spécialisé, membre du groupe AXA, compte parmi ses clients hors du commun l’entreprise Zoutman, leader européen de la transformation de sel marin.
En Europe, près de 90% de la production de sel provient de l’exploitation minière souterraine. L’entreprise familiale belge Zoutman a pourtant choisi de se spécialiser dans le raffinage de sel de mer brut, obtenu par l’évaporation naturelle de l’eau de mer. Chaque année, elle vend en Belgique et exporte dans une soixante de pays, entre 300.000 et 450.000 tonnes de sel de haute qualité, utilisé comme sel alimentaire ou non-alimentaire (pour des applications industrielles, comme sel pour adoucisseurs d’eau, sel de déneigement, etc.).
« C’est un choix stratégique et écologique. Tout d’abord, la production de sel marin nécessite moins d’énergie que celle du sel minier et son extraction émet 30 fois moins de CO2 que celui-ci. Ensuite, nous apportons une valeur ajoutée grâce à notre savoir-faire : nous purifions ce produit naturel de ses impuretés (notamment par nettoyage optique et ultrafiltration), nous le calibrons et nous contrôlons sa qualité pour aboutir à un produit fini de haute qualité alimentaire », explique Bert Lamote, CEO de Zoutman.
Zoutman s’approvisionne en sel marin brut dans des régions chaudes et venteuses, telles que l’Australie, le Mexique et les Caraïbes. Quelques vraquiers de 50.000 à 80.000 tonnes chargés de cet or blanc accostent chaque année dans le port de Gand. Une partie du sel est traité sur place, à North Sea Port, dans la tour de production la plus moderne au monde (qui a nécessité un investissement de 30 millions d’euros). Le reste est acheminé par transport fluvial vers le second site de production de Zoutman, à Roulers. Une fois raffiné, le sel est acheminé principalement par camion vers les clients accessibles et par bateau pour la grande exportation.
Logistique et gestion des risques, deux enjeux cruciaux
« Chez Zoutman, nous fixons les volumes et le fret deux à trois ans à l’avance car la stabilité est pour nous plus importante que la spéculation. Nous travaillons avec des armateurs partenaires, sur base de contrats pluriannuels », souligne Tom D’haeyer, responsable des achats et du transport maritime de vrac sec chez Zoutman.
Le sel étant une matière première relativement bon marché, les coûts logistiques doivent impérativement être maintenus sous contrôle pour préserver les marges. Les événements géopolitiques sont un défi permanent pour planifier l’approvisionnement, une simple déclaration pouvant faire grimper les prix du fret maritime en quelques heures. Si la flexibilité des itinéraires relève de la compagnie maritime chargée du transport, les exigences de qualité des navires sont strictement définies pour répondre aux standards du sel alimentaire et de l’industrie alimentaire.
Le risque le plus important ne concerne cependant pas la valeur du produit en tant que tel. La valeur marchande d’un camion de sel raffiné se monte à quelques milliers d’euros. En revanche, en cas de mise en cause par un fabricant agroalimentaire qui devrait rappeler des produits transformés, le montant d’un sinistre pourrait se monter à plusieurs millions d’euros. Selon Zoutman, la responsabilité civile et les rappels de produits comptent parmi les risques les plus complexes à gérer. Être bien assuré est alors fondamental.
C’est là qu’intervient Jean Verheyen (au travers du courtier d’assurance de Zoutman, Orbis Risk Partners). « Nous sommes spécialisés, entre autres, dans l’assurance maritime et le transport de marchandises – des domaines qui exigent des connaissances pointues et des polices d’assurance personnalisées. Par exemple, il faut savoir que la navigation maritime, la navigation intérieure, le transport routier et le transport ferroviaire relèvent de différentes conventions, chacune avec ses limites et ses exceptions. Notre rôle, en tant que souscripteur-mandaté (nous agissons au nom de grands assureurs qui nous mandatent), est de permettre la prise de risque d’entrepreneurs comme Zoutman et de les accompagner à l’échelle internationale », déclare Laurent Verheyen, CEO de Jean Verheyen.
Sur un marché européen, très stable, du sel, Zoutman, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 59 millions d’euros en 2025, vise une croissance annuelle de 10 %. Cela signifie gagner des parts de marché et s’internationaliser. De quoi renforcer encore les liens avec son assureur.