Caves à vins : un patrimoine à mieux protéger

Caves à vins : un patrimoine à mieux protéger

Les vendanges ont déjà commencé dans le sud de la France et les foires aux vins de la rentrée se préparent. Grands amateurs de vin, les Belges (adultes) en consomment, en moyenne, une petite trentaine de bouteilles par an. Mais ils en conservent aussi dans leurs caves. Certains passionnés possèdent ainsi de belles collections valant au total des milliers, voire des dizaines de milliers d’euros, tandis que d’autres investissent dans des bouteilles d’exception en tant qu’actif financier alternatif.  Mais ces trésors sont-ils suffisamment assurés ? Pour de nombreux clients amateurs, la cave à vins n’est pas seulement un lieu de conservation : elle peut représenter un véritable patrimoine, composé de bouteilles de garde, de grands crus ou de millésimes achetés dans une perspective de consommation, de transmission ou d’investissement.

Une valeur souvent sous-estimée par les propriétaires

Certains passionnés possèdent des collections valant plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers d’euros. Pourtant, les propriétaires ne sont pas toujours conscients de la valeur réelle de leur cave, ni de ce qui est couvert ou non par leur assurance. C’est précisément là que le courtier peut jouer un rôle de conseil essentiel.

Guy Noesen, Director Art-Patrimony chez Jean Verheyen, invite d’abord à distinguer deux réalités : « Il faut tout d’abord différencier les bouteilles de collections qui valent fort cher et qui se rapprochent des objets précieux, et les caves traditionnelles où il y a un flux naturel de bouteilles bues et de bouteilles achetées ». Pour les premières, une assurance séparée avec valeur agréée peut être recommandée, comme pour des œuvres d’art. Pour les caves traditionnelles, l’approche consiste plutôt à couvrir un lot à sa valeur de remplacement, soit le prix des bouteilles équivalentes au moment d’un sinistre hypothétique.

Assurance habitation classique ou couverture spécialisée ?

Dans les deux cas, il s’agit d’assurances spécialisées et non d’une simple assurance habitation classique. Chez Jean Verheyen, le vin fait partie des assurances de niche depuis une trentaine d’années. Albert Verheyen qui était alors CEO (et qui a depuis passé la main à son fils Laurent) y a veillé, étant lui-même un amateur averti de grands vins. « Grâce à lui, l’assurance patrimoine tous risques que nous proposons inclus un volet spécifique pour la cave (avec actuellement une limite de couverture maximale de 25.000 euros) et des clauses particulières peuvent être ajoutées sur mesure à la police cadre, en fonction de la destination principale de la cave (consommation ou investissement), de la présence ou non de bouteilles de collection, ou encore si le contenu de la cave est acquis par une société », précise Laurent Verheyen, CEO de Jean Verheyen.

Les risques encourus par les bouteilles et leurs propriétaires

L’eau et le vin ne font pas bon ménage. Ces dernières années, le changement climatique se fait sentir dans les caves, là où on ne l’y attend pas forcément : les fortes pluies provoquent des inondations, l’eau remontant par les égouts. « Personne n’y échappe. Nous voyons des cas de sinistres même dans des maisons situées sur des hauteurs car l’eau remonte par la force de la pression ; chez nous, cela représente près de 90% des sinistres relatifs aux caves à vin », averti Guy Noesen. L’eau fait aussi des dégâts lors des incendies, suite à l’utilisation des lances à eau. Si les bouchons résistent bien, l’eau détériore ou détruit les étiquettes et la poussière historique présente sur les bouteilles, entrainant une perte de valorisation.

Une tendance actuelle est d’investir dans des caisses de futurs millésimes dans l’optique d’en boire une partie et de revendre le reste avec profit quelques années plus tard. Les caisses en bois ou en carton risquent elles aussi d’être irrémédiablement abimées ou détruites par l’eau tout comme les étiquettes.

Les amateurs et collectionneurs qui optent des frigos caves à vin sont quant à eux tributaires des pannes et problèmes électriques. « On n’est jamais à l’abri de l’improbable : des confrères ont eu le cas d’un appareil très sophistiqué dans lequel le client assuré avait mis ses meilleures bouteilles. Malheureusement pour lui, à cause d’un problème de tension sur le réseau, le moteur s’est mis à chauffer au lieu de refroidir, à tel point qu’il a fallu tout jeter ! », raconte Guy Noesen.

Autre cause de sinistre inattendue, les vieilles demeures et châteaux encore chauffés au mazout encourent le risque de fuite de la cuve de mazout. Les émanations s’infiltrant par les bouchons étant fatales au contenu des bouteilles.

En revanche, la casse accidentelle (une bouteille qui vous glisse des mains, etc.) est extrêmement rare, les amateurs de grands vins étant extrêmement précautionneux lors de leur manipulation.
Le vol est également très rare.

Une couverture cave à vins conçue comme une extension de l’assurance patrimoine.

D’après les données de Jean Verheyen, le vin domine largement l’alcool en termes de valeurs assurées en Belgique. « Pour les bouteilles d’alcool, il s’agit en général de petites collections qui sont destinées à être conservées. Alors que le vin est considéré comme une composante du patrimoine familial », déclare Guy Verheyen. « C’est pourquoi notre couverture des caves est conçue comme une extension de notre assurance patrimoine. Il faut par exemple compter 30 € de plus par an pour inclure une cave d’une valeur de 10.000 € ».

De la même manière qu’il est possible d’assurer chez Jean Verheyen des montres, des œuvres d’art ou des instruments de musique, un particulier possédant quelques bouteilles qui lui sont précieuses peut aussi les faire assurer à part.

Qu’est-ce qui n’est pas couvert par l’assurance ?

La valeur d’une cave peut augmenter au fil des ans grâce au vieillissement et à la rareté des bouteilles. Mais elle peut aussi diminuer par la perte ou la détérioration du vin qui n’est pas couverte en cas de :

  • perte naturelle du contenu
  • diminution ou manque de qualité
  • bouchon cassé, débouchage accidentel ou évaporation
  • influences climatologiques
  • disparition inexplicable
  • faillite ou erreur comptable d’un fournisseur externe
  • disparition ou dégât à l’étiquette après dégâts des eaux

Trois conseils de précaution à relayer

À l’approche des foires aux vins, les courtiers peuvent inviter leurs clients à adopter quelques réflexes simples pour limiter les risques :

  • stocker les bouteilles de valeur en hauteur, l’eau étant la principale cause de sinistre ;
  • tenir à jour une liste du contenu de la cave et conserver des photos des étiquettes des grands vins pour faciliter la valorisation en cas de sinistre important
  • si vos clients ont de grands enfants en âge de faire la fête, il peut être utile de leur rappeler de les sensibiliser au contenu et à la valeur de la cave afin d’éviter la disparition, par méconnaissance, de bouteilles auxquelles ils tiennent particulièrement. Il peut également être recommandé de sécuriser l’accès aux bouteilles les plus précieuses.

En aidant vos clients à évaluer la valeur réelle de leur cave, à distinguer consommation et collection, et à vérifier l’adéquation de leur couverture actuelle, vous ouvrez un dialogue naturel sur la protection du patrimoine. Les équipes de Jean Verheyen accompagnent les courtiers dans l’analyse de ces situations et la mise en place de solutions adaptées.